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Dimanche 29 avril 2007 7 29 /04 /Avr /2007 11:50
Hello
 
  Je suis rentré de la Réunion il y a maintenant 8 jours...
 
 Faisons un dernier point, un carnet de voyage doit avoir une fin !
 
     Delphes est revenue de l'île Maurice avec sa petite famille, je les ai accueillis à l'aéroport (2 voitures n'étaient pas de trop pour trimballer la marmaille et les gros bagages les accompagnant !). Leur programme : trois jours à la Réunion, avant de rentrer en métropole, avec l'objectif de découvrir un des cirques, éléments incontournables de l'île. En l'occurrence, le cirque de Salazie. L'occasion pour moi de parcourir à nouveau cette magnifique route qui amène sinueusement à Hell-Bourg, au fond du cirque, au pied du piton des neiges. L'accès se fait par une route extrêmement encaissée, encadrées de très hautes parois basaltiques abruptes, souvent décorées de nombreuses fines cascades rectilignes, dessinant de longs filets blancs sur la totalité de la hauteur, soit quelques centaines de mètres. L'ambiance est hyper humide, et avec la présence du soleil, une magnifique lumière met en valeur la végétation tropicale très abondante... Des airs de Jurassic Park, mais sans les dinos !
   
    On passe deux nuits à Hell-Bourg, dans un charmant gîte. Tourisme ! Restaus, baignade à Etang Salé (le mauvais temps incitant, après la première nuit, à aller profiter une dernière fois de l'océan et ses poissons, sur la cote Ouest plus ensoleillée ce jour-là !), promenade à Hell-Bourg, à Salazie, et haltes dans les jolis paysages du cirque avant de rallier la cote Est pour une nuit du côté de Ste Suzanne, pour se rapprocher de l'aéroport. Un dernier gîte, tenu par un réunionnais d'origine indienne très loquace, avant que tout ce petit monde ne quitte "notre" île, fin des vacances oblige !
 
    Il nous reste alors, à Delphes et moi, une semaine à profiter de la Réunion. Delphes aura encore 10 jours de répit après mon retour le 20. Un dimanche chez Emilie à jardiner, avec Laurent et Manu (débroussaillage, feus, abattage de bananiers décadents...), puis une journée du côté de St Leu (plouf, une des dernières visites poissonneuses), le lendemain on retrouve Juan, un pote espagnol de Delphes avec qui on monte à Cilaos (autre Cirque), en vue de l'ascension du Piton des neiges... Une nuit dans un gîte de Cilaos, après quoi on se lève vaillamment à 4h30 pour commencer l'ascension tôt... 1900 mètres de dénivelé positif, quasiment ininterrompus, et la même chose à redescendre, dans la même journée... C'est un petit défit sportif, on se donne les moyens de le réaliser ! Le piton est le point culminant de l'île, à 3070 mètres. La vue là-haut est réputée magnifique, un panoramique sur 360° permettant d'y admirer  presque toute l'île !!
 
     Pour des raisons idiotes que je ne vais pas prendre le temps de détailler ici, on a bêtement mis 1h30 à accéder au départ du sentier... Un peu plus de 4 heures de montée, franchement sportive, découvrant petit à petit un superbe panorama sur le crique de Cilaos, dans notre dos, et on parvient finalement au sommet, malheureusement enfoui dans une dense masse nuageuse, amenant froid, vent, pluie, et visibilité zéro... LA fin de l'ascension est pénible, les cuisses commencent à faire mal, et il faut trouver de la motivation pour aller jusqu'au bout dans ces conditions ! On pose un caillou au sommet, puis sans s'y attarder on redescend ! La descente est d'ailleurs encore plus fatigante que la montée, sur sol mouillé et glissant, trempés jusqu'aux os !! Les jambes répondent mal et sont globalement douloureuses quand on atterrit finalement sur la route, en bas de cette descente interminable ! Encore presque une heure de marche jusqu'au gîte, sur le bitume... On regrette amèrement de ne pas avoir pris la voiture le matin pour nous amener au pied de la pente !! La douche, à notre arrivée au gîte, fait partie de ces moment rares où on se sent renaître, on y savoure la moindre goûte d'eau chaude, et on apprécie de pouvoir faire respirer ses pieds et les faire s'aplatir librement sur toute leur surface, après quelques heures de torture dans des chaussages imparfaits !!
 
     Le lendemain, lever à 5heures (difficile) pour être à 8heures à l'aérodrome de St Pierre, où Gérard le pilote nous attend pour le survol de l'île... Dur de se réveiller (y suis-je parvenu durant cette journée ??), mais cet effort vaut la suite !! Gérard, prof de français retraité rondouillet,  est un de ces personnages attachant, qui ont voyagé toute leur vie, aimant la France sans jamais pouvoir retourner y vivre (vue le contexte en ces périodes électorales, on commence à les comprendre...), et qui gardent ce goût intacte de la rencontre et de la confidence... On décolle donc pour une heure de vol... C'est parti. Pêle-mêle : une vision enfin globale de tout le littoral, des chaînes volcaniques, des lagons, des chantiers titanesques de perpétuel aménagement du territoire, le motif écrasé des ravines au vert vif, la silhouette délicatement ciselée des massifs montagneux, les jeux d'ombre en contraste de la lumière matinale, la découverte émerveillée des trois Cirques dans leur ensemble, cette vue groupée leur rendant leur mitoyenneté et leur imbrication, avec en leur point de rencontre le magnifique Piton des Neiges, dégagé ce matin-là... Un des clous du spectacle : le survol du cratère, qui s'est effondré suite à l'éruption qui vient d'avoir lieu plus bas, vidangeant les chambres magmatique, et donc on peut apprécier la profondeur, au milieu d'un paysage lunaire, après le survol de l'inconnue "plaine des sables"... L'heure passe évidemment très vite, et on retourne déjà vers St Pierre, l'occasion de trouver dans le paysage les Avirons, et la maison de Dami et Katell, puis le lagon de l'Etang Salé, où j'aime tant plonger, avec sa plage de sable noir... Enfin, une vue du pont effondré, résultat du dernier passage cyclonique, qui empoisonne tant la vie des réunionnais depuis un bon mois !!
 
    Après l'atterrissage, on descend du coucou un peu hébétés, réalisant à peine la splendeur de ce qu'on venait de découvrir, n'ayant pas encore eu le temps de digérer ces images...
 
    On part pour l'Etang Salé, pour ma dernière plongée (les courbatures du Piton des Neiges se font violemment sentir), des lancers de frisbee dans le sable noir, et un dernier coup de soleil sur le nez. On ramène ensuite Juan chez lui, et on prend la route de St Denis, direction Ste Suzanne, le même gîte que 8 jours avant, dans les même circonstances : je décolle le lendemain...
 
    Les copines de la réunion ont la gentillesse de se bouger pour une dernière soirée ensemble, à St Denis... un authentique bon moment, avec restau indien (pour une fois, je serai le seul à ne pas avoir été victime d'indigestion !!), et Picon-bière ! Puis une dernière nuit avec ma chérie, et il faut encore se lever tôt... Le vieux protocole : enregistrement, pesée des bagages (limite limite !!), au revoir ému, scanner et fouille, poireautage en salle d'embarquement, et je monte dans l'avion, mon sac chargé de statuettes malgaches qui dépassent.
 
   Fini !
 
   Dernières impressions de voyage en survolant le Soudan, où je remarque que la trajectoire fait un léger crocher pour éviter le Darfour... quelle drôle d'impression quand on imagine la vie des gens sous nos pieds, tandis qu'on est assis dans cet habitacle hermétique, la tête calée entre les souvenirs de la veille en pays chaud et l'organisations des jours suivant l'arrivée !
 
   Lyon, deux jours, vote du premier tour des Présidentielles, puis une bonne semaine de visites familiales en Normandie, Picardie, Bretagne... Je revois bientôt Delphes, et m'en réjouis déjà.
Par tomtom - Publié dans : madagastom
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Lundi 9 avril 2007 1 09 /04 /Avr /2007 13:09

Brèves nouvelles de la Réunion...

 

  Depuis le week end dernier, il s'est quand même passé pas mal de choses... Lundi soir, j'ai appris que le piton s'était réveillé et j'ai filé en voiture vers le Sud de l'île, puisque j'ai appris qu'une coulée s'apprêtait à traverser la route du coté du Tremblet (un bled proche de St Philippe), laissant Delphes avec sa petite famille arrivée le jour même. Lorsque je suis arrivé sur les lieux, deux coulées avaient déjà traversé la route, et se dirigeaient lentement vers la mer. Deux coulées sombres, d'aspect rocheux, caillasseux, se fendant par moment pour laisser échapper de la lave plus profonde et plus molle, rouge. Ces coulée aussi épaisses que larges étaient surplombées par des coulées de lave en fusion, pas tout à fait liquide, évoluant lentement, accélérant par moment dans des mouvement ressemblant à une coulée de miel, par paquets semi-fluides. Beaucoup de bruits d'explosions rythmaient le spectaculaire évènement : la forte chaleur de la coulée se rapprochant des arbres, ceux-ci explosaient comme du bois sec ou s'enflammaient en une seconde comme des allumettes : la lave était en train d'anéantir la forêt (cette cote est sur la face tropicale humide de l'île, à la végétation abondante et luxuriante). J'avais entre temps retrouvé Katell, qui m'avait informé à temps du retour à la vie du Piton. La lumière du jour décroissant laissait place à celle surréaliste, rouge (rose d'abord, pastel, à cause de la fine pluie...), de l'incendie de forêt éclairé par des coulées de lave de plus en plus liquides et abondantes... La chaleur produite par ces masses incandescentes commençait à se faire sentir à une distance de 500 mètres, la nuit était maintenant là, comme une nuit de pleine lune, lune rouge... Un rendez vous au restau m'a fait quitter les lieux vers 19h, la lave tardant à atteindre la mer.

 

  Le lendemain devait être rythmé par une baignade, un passage sur Internet (pour poser quelques photos sur ce blog, et taper mon article de fin de périple malgache), et la traversée de l'île, direction Ste Rose, pour y amener les bagages de la famille de Delphes, via la route des plaines (celle du sud étant à présent barrée !!). Après un dîner sympa (qui devait par la suite me réveiller des souffrances intestinales, d'origines malgaches, sénégalaises, égyptiennes, Laotiennes (..?)), on  se rendait sur les lieux de l'évènement du moment : l'éruption volcanique. Ce qui allait me donner l'occasion d'admirer le spectacle depuis un autre point de vue : l'autre coté, au Nord. Beaucoup de spectateurs au rendez-vous, la gendarmerie omniprésente, et 5km de marche entre les barrières interdisant l'accès aux véhicules, et les barrières marquant l'extrême limite de l'accès aux piétons. Je réalise maintenant à quel point j'ai été chanceux de me pointer là ces jours-là, car les accès ont ensuite été limités à cause des émanations toxiques abondantes et de la dangerosité grandissante du phénomène. La vue de l'erution depuis le Nord offrait un spectacle bien différent mais tout autant impressionnant : pas de coulées, car elles passaient de l'autre coté d'une petite crête rocheuse, mais une belle vue sur la fissure eruptive, avec son geser de lave liquide de 20 mètres de haut, 300 mètres au dessus de nous ! En contrebas, la rencontre du magma en fusion et de l'océan, produisant une abondante fumée rouge (éclairée par la coulée), qu'on annonçait toxique (chlore). Une importante langue plane faisait déjà gagner du terrain à l'île sur l'océan. Les spectateurs, silencieux, fascinés, regardaient vers le haut, les yeux grands ouverts, la bouche aussi. On restait là, muet, absorbé comme on l'est face à un feu de camp, dans une nuit silencieuse. Sur le trajet, on croisait quand même quelques crétins écoutant le dernier tube R'N'B, leur portable hurlant à la main, faisant saturer de manière très désagréable les écouteurs de leur mobile-à-tout-faire...

 

   Mercredi matin, après une alerte du même type la veille au soir, j'étais réveillé par une vive douleur au cadre colique (le ventre), accompagnée d'une crise diarrhéique proche de symptômes du choléra, éreintante, alors que j'étais sous médocs depuis déjà 5 jours (dernier épisode de Mada). Je décidai d'arrêter de me regarder perdre du poids, et pris le volant, direction l'hôpital de St Denis ! Mal m'en a pris : 4 heures sur un brancard des urgences, passage obligé pour rencontrer quelqu'un qui s'y connaisse dans le servie concerné par les maladies tropicales... Une prise de sang, une perfusion avec eau, chlorure de sodium, spasfon, et la compagnie de deux vieux créoles qui partageaient mon box... Vive l'hosto. J'ai entre temps obtenu un bocal où j'étais sensé faire popo pour les biologistes du CHU. Mais voilà : je m'étais justement intégralement vidé le matin même... Bref. J'aurais pu rester là deux jours. J'ai donc décidé d'enlever ces perf, de signaler à l'interne que je m'en allais, lui demandant de me donner une ordonnance pour analyse coprologique. Un passage par Ste Suzanne pour me faire payer du boulot du mois de janvier, et je retournais à Ste Rose, me reposer, et rejoindre Delphes et les siens. Du riz au menu du soir, et le lendemain il fallait déposer tout ce petit monde au Port (nord de l'île), où ils devaient prendre un bateau en direction de l'île Maurice. Un passage par  St Gilles pour rendre la deuxième voiture de location, et je ramenais Delphes au Port, à son tour. L'après midi, je pouvais aller voir un médecin de ville, formé en maladies tropicales, que m'avait recommandé le prof de parapente. Il semble que je corresponde à un tableau de voyageur assez commun, traînant les séquelles de probables amibiases africaines. Bref. La case d'Emilie allait devenir mon logis pour les jours suivants.

 

   Entre temps s'était organisé le projet de faire le tour de l'île en voilier, afin de voir le volcan depuis la mer, avec Emilie, deux potes à elle, et Jean Pierre, retraité sympa pratiquant la voile et emmenant des équipiers comme nous à l'occasion. Départ samedi matin. Tout s'annonçait bien : on partait vers l'Est, ce qui permettait d'éviter la fumée oppressante (toxique) qui avait gagné la majeure partie de l'île, et surtout le Sud et l'Ouest. Seulement voilà : j'étais encore dérangé par mon colon, bien douloureux ce matin là, ce qui ne doit pas être pour rien dans le mal de mer infernal dont j'allais être victime quatre heures durant !! A demi mort accroché à quelque barre à l'arrière du voilier, me contractant toutes les 10 minutes dans de grands spasmes râlant, tentant de vomir ce qui pouvait rester dans mes viscères, j'ai fini par faire pitié à l'équipage qui décida généreusement de faire demi tour... Le calvaire prenait fin tandis que nous rentrions dans le port de plaisance du Port, les vagues cessant de faire ballotter la coque... Je reprenais mes esprits, les autres décidaient de repartir le lendemain matin, pour l'Ouest (tant pis pour le volcan), et mon aventure maritime à la Réunion avortait là ! Pas fâché de remettre le pied sur la terre ferme, forcément. Et un peu plus fatigué, toujours centré sur des problèmes digestifs !!

 

 Le lendemain, c'était Paques, baignade, rencontre avec deux anciennes copines de promo à St Leu, passage chez Méla et Thomas, pour les voir et admirer leur beau bébé, et retour chez Emilie pour dessiner un peu... Aujourd'hui, programme proche : baignade à St Leu ce matin (où j’ai encore découvert de nouvelles variétés de magnifiques poissons, abondants, et de beaux massifs coralliens...), et retour ici pour mettre à jour ce blog et dessiner un peu... Delphes revient avec sa famille jeudi, repos et dessin, entrecoupés de plongée, d'ici-là !!

 

   salut tout le monde...

 ...je profite de ce temps libre pour réfléchir au futur de notre pays, et éventuellement de savoir pour qui je vais voter dans deux semaines, afin que la vermine Sarkosyste ne soit bientôt plus qu'un mauvais souvenir... si vous avez quelque conseil....

 

Par tomtom - Publié dans : madagastom
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Mardi 3 avril 2007 2 03 /04 /Avr /2007 13:43

Tout est dans l'article précédent : le retour, l'actualité ici....

   je précise que j'ai téléchargé pas mal de photos aujourd'hui sur le blog, mais pas eu le teps de terminer, ça prend un temps fou !

  j'y reviendrai dans quelques jours...

 

    bises à toutes et tous. je rappelle que je rentre le 21 avril au bercail. Passage en normandie dans la semaine suivante, reste à définir !

Par tomtom - Publié dans : madagastom
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Mardi 3 avril 2007 2 03 /04 /Avr /2007 13:40

Oyez, oyez.

 

Voici enfin venu ma dernière mise à jour pour ce voyage à Madagascar... un peu tardive : on est revenu à la réunion il y a 4 jours... Déjà eu le temps d'aller plonger au tuba pour voir les beaux fonds du coin, d'admirer les coulées de lave en fusion du piton qui est à nouveau en activité (spectacle splendide... photo dans la rubrique "retour à la réunion"), de fêter mon anniversaire avec Dami Katelle et Delphes, tranquillement ce dimanche), de recevoir la famille de Delphes qui passe ses vacances dans le coin...

 

Revenons à nos moutons. Je constate que la dernière mise à jour date d'un passage à Fianar. Le lendemain, après 2 heures d'attente devant des rabatteurs peu efficaces qui peinaient à remplir notre camionnette, nous partons en taxi brousse pour Ambositra, trois heures de route théoriques plus au nord sur la RN7, sur la route de Tana. Le trajet parait finalement interminable, avec multiples arrêts, notamment dans l'immanquable "hotely" (les gargotes de bord de route) où tout taxi brousse se doit de faire halte vers midi, même à 20 bornes de l'arrivée... Cet hotely nous sert au passage le plus lamentable qu'on ait eu à Mada (poulet peu cuit avec riz sec et gras de cuisson du poulet). Le Nissan atteint la gare routière d'Ambositra (prononcer "Ambouchtr") en fin d'après midi. Jolie petite ville, où on se promène tranquillement, "mora-mora", après avoir laissé nos fardeaux dans un hôtel. Belles maisons de brique, dans un style typique du coin, mixant l'architecture traditionnelle et l'influence française, avec de jolis balcons en bois travaillé et coloré, des grands toits pentus en tuile ronde (faites comme les murs avec la terre particulièrement rouge du coin). Echoppes et gargotes partout, pousse-pousse nombreux et sympathiques, belle lumière de fin de journée ensoleillée... On rencontre Fredier, un guide qui nous propose les tours classiques du coin, pour le lendemain. Réflexion cornélienne : allons nous traîner un peu à Ambositra, visiter les villages du coin, réputés pour leur artisans zélés (on est dans LA région de l'artisanat malagasy), et ces manifestes magnifiques paysages mêlant grandes rizières étagées, terre rouge, villages de maisons ocres, ou bien devons-nous filer le surlendemain pour Tana, afin d'avoir le temps de visiter le parc d'Andasibe, dans l'est, où vivent les plus grands lémuriens (Indris) et de nombreuses autres espèces, dans un climat tropical humide ??.. Il serait frustrant, si l'occasion de revenir à Mada ne venait pas à se présenter dans les prochaines années, de ne pas être allé se balader dans l'est... On tranche : une seule journée pleine à Ambositra, histoire de visiter ces artisans réputés.

 

Comme prévu, on retrouve notre guide (ou plutôt son frère, car des troubles intestinaux semblent avoir abattu ledit guide !) vers 8heures. Zou, direction un atelier de sculpture. Ces visites me rebutent en général, puisque j'y éprouve parfois la fade impression d'être un vulgaire touriste tenu en laisse, mais c'est aussi le seul moyen d'apprécier réellement quel travail représente un pièce habituellement achetée finie en magasin, comme c'est le seul moyen d'acheter ses souvenirs directement chez le producteur, sans engraisser un quelque commerçant. La visite est intéressante. Les statuettes, pour la plupart, représentent de longues figures humaines, en général présentées en couples, très longilignes (un peu à la Modigliani), en ébène. D'autres sont en bois de rose, d'autres en palissandre, le style est résolument africain, le travail est fin et rapide. Visite d'un deuxième atelier, puis visite chez une femme qui tisse des écharpes en soie sauvage, typiques des Sakhalavas (ethnie locale), colorées avec des essences naturelles (oecaliptus, bois de rose, gingembre...). Evidemment, on craque... Le sac se remplit à vue d'oeil, la déco de ma chambre va encore de densifier un peu ! Déjeuner dans un hotely, meilleur que la veille, et balade en campagne, photos par centaines, les couleurs sont magnifiques, là encore... La journée se termine, bien remplie, bien onéreuse... Crevés, on se couche, préparés au départ du lendemain matin -8h- pour Tana. Ca commence à sentir la fin, même si cette fois-ci on ne fait que passer par Tana, l'avion est pour quelques jours après.

 

On arrive à Tana en début d'après midi, encore une fois soulés par la musique lancinante diffusée dans le taxi brousse, qui perd de son charme après le quatrième "reverse" automatique de la cassette... Taxi 2CV flambant neuf, qui nous amène chez Laurence, soeur de notre pote Dally de Morondava. On finit par se débrouiller seuls pour trouver l'adresse, le chauffeur gentil mais têtu n'y parvenant pas après 45 minutes de recherche dans la même rue. On peut enfin laisser nos sacs, soulager nos vessies, avant de partir nous balader et nous restaurer dans le centre de Tana. Balade, photos, glacier, on profite des attraits de la capitale, subissant son défaut (notamment par un peu d'asthme immédiat au contact de la lourde pollution atmosphérique). Dîner, retour en taxi (4L, le chauffeur doit s'arrêter une fois, ouvrir le capot, et aspirer dans une durite pour pouvoir faire redémarrer le moteur), dodo.

 

Nouveau départ en taxi brousse, le matin, après un petit trajet en taxi épique (4L cahotante) : vieux chauffeur cyphosé au nez cassé, petite casquette, dur d'apparence, qui manie sa bagnole de manière improbable, redémarrant le moteur comme par magie en tripottant des fils en pleine course, avant que le moteur s'arrête en pleine monté. Le vieux boxeur sort de la voiture, tentant de la pousser, elle recule, je dois enfoncer mon pied dans la pédale du frein pour qu'il ne soit pas emporté dans un mouvement incontrôlé du véhicule ; il fait signe à un gamin dans la rue, qui vient pousser la voiture -sans un signe de remerciement- jusqu'à la fin de la monté. J'interroge : "démarreur ?"... "-non, panne d'essence !" répond finalement souriant le vieux. La voiture descend silencieusement une grande pente qui mène à une grande gare de taxi brousse, dont nous étions miraculeusement proches. Ouf, mission accomplie, on arrive. Le chauffeur prend un air satisfait, des badauds l'aident à pousser la voiture vers la station essence proche. Un tas de rabatteurs nous assaillit, on choisit une camionnette qui nous mènera à Moramanga, ville intermédiaire vers le village et le parc d'Andasibe. Beau trajet, un des derniers -on commence à faire un calcul approximatif des heures passées dans les transports pendant notre voyage- qui nous mène finalement à une zone plus boisée, avec moins de rizières, croisant de nombreux camions (vieux Mercedes 911 au style un peu "coccinelle", avec de grandes ailes arrondies) qui enfument la route. Petite halte à Moramanga, le temps que le camion blanc se rendant à Andasibe se remplisse. Il finit sur rempli, on peut décoller. Le trajet est relativement long, au regard des 39km à parcourir; ponctués de deux longues pannes. Le vieux Renault finit par pénétrer une dense foret (on constate sur les bas coté quelques dégâts de la tempête tropicale passée une semaine plus tôt, arbres arrachés, glissements de terrain), et achève sa course un peu pénible devant la vieille gare d'Andasibe (le train partant de Tana ne fonctionne plus). On descend, gagne un petit hôtel dans le village, et on repart sur la route, à pied, en direction de l'entrée du parc, pour organiser nos visites du lendemain. Un jeune guide qu'on croise sur la route s'attache à nous (l'image est gentille), nommé Fidyssin. Le parc est fermé, il est déjà 16 heures. Retour au village, on ne pourra pas faire la rando prévue de 2 jours, un des deux parcs étant fermé depuis une semaine à cause des dégâts du cyclone. Balade dans ce petit village sympa, rythmée par les habituels "bonjour Vazaha !" des gosses, puis dîner dans le buffet de l'ancienne gare. Dodo.

 

Lever tardif (ça fait pot de mal...), et on se rend au parc, réserve des fameux Indris. Les Indris sont de grands lémuriens, mesurant jusqu'à 90cm de haut, vivant souvent plus de 40 ans... Noir et blanc, d'un beau pelage abondant, sans queue (d'où un saut plus vertical quand ils bondissent d'un arbre à un autre), ils sont en voie de disparition, puisqu'on a fait disparaître leur habitat... On se lance dans le grand parcours (3 au menu, le notre est comiquement nommé "parcours aventure" !), accompagnés par Roger, un jeune guide au regard affûté. Chanceux, malgré l'heure relativement tardive (fin de matinée), on trouve 3 variétés différentes de lémuriens... dont un beau couple d'Indris ! Ceux-là, habitués aux visiteurs, sont assez peu farouches, et on a l'occasion de les voir d'assez près, longuement, et de prendre pas mal de photos sympas. La promenade est agréable, ponctuée des quelques découvertes coté faune, et coté flore... On rentre dans l'après midi, passe un peu de temps dans le village, et repart pour une visite, nocturne cette fois, à la tombée de la nuit, avec le fameux Fidyssin. Déambulant au bord de la route, armés de torches électriques, on a l'occasion de débusquer quelques petits lémuriens nocturnes, repérables, comme les chats, au reflet de leurs yeux éclairés par nos lampes. On découvre aussi quelques caméléons nocturnes, d'une variété non encore vue en ce qui nous concerne : les plus petits du monde, de l'ordre de 3 cm (cf. photos) !! Retour à l'hôtel, dîner, dodo.

 

On s'accorde une deuxième journée dans le village reposant d’Andasibe, décidé à aller faire une nouvelle visite du parc, plus courte mais plus matinale... On décolle tôt, trop tôt : le temps n'est pas terrible ce jour là, il faut attendre que le soleil chauffe un peu, pour que les animaux s'activent. Poirottage 1h30, on débusque quelques caméléons entre temps, aidés par Fidyssin. Visite vers 8h30. Celle là nous fait voir un autre couple d'Indris, photographiés par deux vieux photographes d'Europe du nord, assez loufoques. Puis une autre variété, les "lémuriens bambou", petits et marrons, à queue panachée. Le guide part en recherche d'un boa, animal qu'on n'a pas encore pu voir. On finit par y parvenir : beau boa, pas très gros (6-7 cm de diamètre), noir bleuté, petits yeux ronds noir pas menaçants. Les serpents de Mada ne sont pas dangereux, à ce qu'on dit. J'essaie donc de l'attraper, sans remarquer qu'il était à proximité d'un trou dans lequel il parvient finalement filer. Pas assez rapide, je ne l'ai pas saisi suffisamment fermement... Frustrations ! La petite visite terminée, retour au village, via un parc d'orchidées, où on ne peut en observer que 3 variétés, toutes les autres ayant été abîmées par les inondations du cyclone. Les sacs faits, on monte dans un taxi-brousse, en direction de Moramonga, où on a décidé de passer la nuit. Moramonga est une ville de taille moyenne, dotée d'un musée de la gendarmerie assez curieux, et d'un très grand marché étonnant, animée le soir (restau et bières dans un des nombreux "épi-bars" du bled. Je choppe au passage mon dernier parasite dérangeant en mangeant un steak de zébu pas assez cuit.

 

Le lendemain, grand jour : on retourne définitivement à Tana. Au programme : emplettes, photos, balades. Deux nuits à passer : une chez Flaurence, une à l'hôtel. Hôtel bien sympa, agréable, idéalement placé en haut d'un haut escalier garni de nombreux vendeurs, aboutissant au marché couvert du centre, très typique et animé ! Première soirée arrosée, avec des français expatriés, de type habituel (40-50 ans, célibataire avec copine locale beaucoup plus jeunes), mais assez drôles et sympas pour une fois. On rigole bien, et retour chez Flaurence en taxi. Le dernier jour -entier- est bien rempli, boutiques, marchés, et j'en profite pour faire les frais d'un pickpocket, et me faire faucher mon portable. Un peu de stress : il faut trouver un cyber, afin de trouver un moyen de bloquer ma carte SIM française, car d'éventuels coups de fil par des malgaches sur ce téléphone risquent de me coûter cher... Merci Jimmy, avec qui je parviens à tchater et qui appelle sfr pour moi. Ouf. Nuit à l'hôtel (où on croise quelques couples mixtes typiques toujours aussi dérangeants pour nous...), et nous voilà arrivés au jour du départ ! Dernière virée dans un marché, marchandages difficiles et peu productifs (ceux là ne manquent pas de clients, et ne s'abaissent pas à vendre quoi que ce soit à un vazaha à un tarif local !). Il est l'heure. On déjeune, et on dépense nos derniers deniers pour payer un taxi pour l'aéroport, et le dernier petit billet pour acheter un savon. C'est la fin !

 

Au fait... Epilogue... Air Madagascar est une bien vilaine compagnie, qui comme d'autres abuse de la confiance de ses clients... Ce vol réunion-mada est hors de prix. Malgré cela, on est traités comme un vulgaire marchandise, qu'on n'hésite pas à rediriger vers d'autres vols de dernière minute, rallongeant de 4 heures un vol initialement d'une durée 1h30... Ce retour en avion fut donc bien fatigant... Mais nous voilà vivants à la réunion, j'achève mon dernier traitement antibiotique (consécutif à ma dernière gastro de Mada, trop résistante aux traitements doux !), et Delphes est avec sa famille qu'on a accueillie hier. Je les accompagne de temps en temps, transporte leurs bagages. Ils partent pour l'île Maurice dans trois jours, moi je reste ici pour dessiner.

 

 

Par tomtom - Publié dans : madagastom
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Mardi 20 mars 2007 2 20 /03 /Mars /2007 16:57
salama !

    nouveau cyber-café, nouveau message de nouvelles malgaches... je serai le plus bref possible, car on vient de se taper 9 heures de taxi brousse, et j'ai un peu la dalle. Tulear fut une étape agréable, lieu de nos adieux avec la cote ouest, qu'on a parcourue si courageusement pendant deux semaines. Le temps en fait d'y recharger les batteries dans des lieux confortables, de laver tout le linge, mon sac (qui puait les fruits de mer après ses deux jours passés au milieu des calmars dans le camion qui nous descendait de Morombe),et de penser à la suite du parcours. Sorte de 2° acte, synonyme de retour vers la capitale, puisqu'on se trouvait exactement au milieu de nos six semaines à Mada et qu'il semblait difficile de se rendre plus au sud sans courir le risque de ne pas etre revenus à temps pour l'avion du 29 mars, tant les imprévus dans les transports de ces régions peu touristiques sont grands et nombreux ! On a eu envie de descendre vers Fort-Dauphin (pointe sud est de l'ile) par les pistes terrestes, pour continuer notre aventure masochiste sur les routes les pires de Madagascar, qui du coup sont sans doute parmi les pires de la planète ! Durée théorique du trajet : 3-4 jours de tape-cul éprouvant, voire 7-8 jours en cas de panne ou autre menu problème... Programme fatigant, donc, et chronophage. Autre aspect peu convainquant : ce programme imposait de prendre un vol intérieur pour revenir à Tana, au prix de 115 euro par tete de pipe. Cher, et peu conforme à ma charte du voyageur qui privilégie les modes de tranport les moins polluants (quoique parfois on se demande qui de l'avion ou du taxi brousse malgache pollue le plus.. !). Bref. On a opté pour une autre direction : l'est, avec un retour progressif vers la capitale. Itinéraire plus classique, qui du coup nous a fait croiser infiniment plus de touristes et de guides (et autres rabateurs) que dans l'ouest (ce qui reste raisonnable, Mada n'acceuillant apparemment pas plus de 200 000 touristes par an !).

      Départ pour Ranohira, donc, qui est le bled matérialisant l'entrée du parc national d'Isalo (prononcer Ichal). Une nuit sur place, après avoir rencontré des guides, marchandé un programme sur deux jours de rando, et dû choisir un guide parmi les 3 qui se proposaient (choix inhumain, on les a surpris en optant pour un tirage au sort). Ce sera Lova (prononcer "louve" !), le plus jeune des trois, très volontaire apparemment. Dodo dans un hotel, où Delphes a fait une magnifique crise d'allergie aux graminées. Le lendemain, on retrouve Lova à 7heures, après un petit dej sympa avec Julie et Romaric, deux autres paramédicaux voyageurs, qu'on aura l'occasion de fréquenter à nouveau pendant le trek. Zou, 21 bornes prévues dans la journée, il fait beau, et donc chaud. Première escale au "canyon des lémuriens", après 9km de marche dans la plaine, en direction de l'extrémité nord de la petite chaine rocheuse (rouge) qui constitue la jolie particularité d'Isalo. La suite du trajet sera un retour progressif vers le point de départ, via le petit plateau accidenté où on aura l'occasion d'admirer une belle nature, de jolis panoramas, et de traquer la faune. Le canyon des lémuriens portant justement son nom, on crapahute sur la cote pour y trouver de beaux spécimen qui se nourrissent dans les arbres et sautent agilement de branche en branche. Puis on attaque la montée sous un soleil de plomb, et notre guide semble souvent déçu quand on lui répond qu'on n'a pas besoin de faire de pauses (ce qui ne semble pas etre son cas). On constatera par la suite que ces deux jours avec nous l'ont complètement épuisé. Lova est un guide étonnant, par sa crédulité, son absence totale de culture, de compréhension de la planète, et meme par sa structure intellectuelle ! Mes propos peuvent paraitre choquants... En tout cas, si vous voulez rencontrer un bel exemple de malgache naif et non-instruit, choisissez Lova à Isalo ! Très gentil, attentionné, mais sincèrement affligeant. Premières questions qu'il nous a posées : y a-t-il beaucoup de lémuriens dans les parcs en france ? Puis : il y a aussi beaucoup de baobabs ? Etonné que nos parcs ne comportent ni l'un ni l'autre, et se demandant donc ce qu'il pouvait y avoir d'intéressant dans nos parcs : "alors il n'y a que la piscine naturelle ?" (composant du parcours touristique à Isalo) On tente d'en savoir plus sur les pratiques funéraires (c'est d'ailleurs lui qui nous a branchés sur le sujet en nous montrant un tombeau Sakhalava), sur les ethnies, et sur les "fady" (interdits supersticieux à tendance sacrée de la culture malgache), on n'obtient que quelques éléments pratiques, sans jamais le moindre recul ou la moindre compréhension du sens de ces pratiques. Pour réponses : "et les tombeaux ils sont pareils chez vous ? Vous retournez les morts souvent, aussi ?"... Clou de la discussion : "combien de temps vous mettez en taxi brousse pour venir de france à madagascar ?"... On en est venus à se demander sérieusement s'il sait que la Terre est ronde. Cette rencontre nous confronte une nouvelle fois à des réalités qu'on imagine difficilement. Car plus qu'un manque de culture, ces "non-instruits" nous troublent encore plus lorsqu'ils doivent prendre une décision, ou s'adapter à une situation imprévue (comme l'épisode où on a dit à Lova, à l'occasion d'un controle, qu'on avait oublié nos tickets, alors que le bureau des guide a relevé nos identités la veille, qu'on y repasse à coup sur le lendemain... Lova est désemparé, noyé dans un verre d'eau, répétant nerveusement "il faut le ticket, il leur faut votre numéro, pour les statistiques !"). Pas de compréhension de la notion de mécanisme, pas d'acquisition du concept de différence, pas la moindre anticipation, juste une capacité à répéter des choses apprises, à connaitre l'environnement immédiat, ou tout au moins son apparence. J'ai du mal à trouver les mots pour retranscrire l'effet étonnant d'une telle rencontre. Je pourrai écrire encore des pages et des pages sur cet aspect d'une partie de la population rencontrée, vous ne me comprendriez sans doute toujours pas ! Disons que ça dépasse de très loin le simplisme. Bien souvent, répondre à une question alternative comportant un "ou" (choix), on n'obtient qu'un souriant "ah oui."...
     Parlons d'Isalo ! La rando fut bien agréable, les paysages magnifiques, tranchant complètement avec tout ce qu'on avait pu voir avant. Les lémuriens, variés et nombreux, se sont pretés au jeu du cache-cache pour les séances photos, les caméléons aussi ! Excellente soirée avec Julie et Romaric, et Toussaint leur guide (devinez quel jour de l'année il est né..), infiniment plus alerte et intellectuel que Lova, compréhensif de son pays, et ouvert sur le reste ! Lova s'est endormi après quelques verres de rhum, barbé de ne plus arriver à suivre les discussions qui tendaient vers la réflexion politique. Par contre, difficile nuit sous tente, sans matelas ni oreiller (bien que je sois habitué à gérer mes cervicalgies en voyage par une résignation forcée), se sur-ajoutant à d'autres situation douloureuses... Je m'en remets seulement à peu près aujourd'hui, après 4 jours sous anti-inflammatoire... Le deuxieme jour à Isalo, dans la continuité du début de la rando, fut agréable et riche en observation de la nature, en se contentant des quelques maigres explications de Lova.

      Le lendemain, départ pour Fianarantsoa, à 6 heures théoriques de taxi brousse de Ranohira (en réalité 8 heures, avec un changement de camion et une panne, en cour de route). Belle route, le long de la N7, "l'autoroute" malgache, la route neuve du pays, qui relit le sud ouest à la capitale (équivalent en fait d'une départementale chez nous), avec différents paysages, changeant au fil de notre progression vers l'est, et de l'altitude croissante (une chaine montagneuse parcourt l'ile du nord au sud, coupant l'ile en deux parties très différentes). Plaines légèrement vallonnées au début, avec palmiers, traversant des petites villes-chamignons neuves et dynamiques, partout où sont apparus récemment des filons de pierres précieuses (drole d'ambiance sur place...), et vallées vertes et humides, avec petites maisons de terre rouge, et rizières, à la fin. Une nuit à "Fianar", en prévision du départ le lendemain vers Manakara, en train. Ce trajet en train est l'une des expériences réputées pour le tourisme à Mada. En à peu près 10 heures, il mène à la ville cotière de Manakara, après avoir traversé de magnifiques paysages verdoyants, de type tropical-humide, avec bananiers, arbres du voyageur, rizières... La traversée des gares qui jallonnent ce parcours est à chaque fois l'occasion de découvrir de nouveau mets, nouveaux fruits que les femmes et enfant viennent vendre aux fenetres... Quelques jolies photos de ces habitants aussi, et des paysages, malgré le temps très pluvieux et la visiblité réduite... Je dérouille quelque peu sur le plan cervical : le train est celui mis en place par les français, et date des années 50, et l'entretien des lignes est à l'image du train, autant dire qu'on est un peu secoué, ce qui ne m'aurait sans doute pas gêné en temps normal... je me charge de médocs pour ne pas me pourrir le trajet avec ces soucis rhumatismaux ! Ce trajet, au passage, est l'occasion de la rencontre de Nicole et Jean-Luc, sympathique couple quinquagénaire avec qui on partagera de bons moment à Manakara...
        En fin de journée, on arrive enfin, et on a la joie d'affronter une foule agressive de chauffeurs de pousse-pousses, qui viennet s'arracher la riche marchandise vazaha à l'arrivée du train, 3 fois par semaine... Je m'énerve après que quelques un, parfois émechés, me tractent par le bras ou la bretelle du sac pour m'amener à leur carriole... On file à pied, fiers et décidés à boycotter ces chauffeurs irrespectueux. Après 50 mètres sous une pluie battante, chargés comme des mulets, on se résigne à grimper dans deux pousse-pousses et à gagner -enfin- un hotel ou se sécher et poser nos sacs. On arrive au Sidi hotel, un peu merdique et visiblement frequemment hotel de passe, vu les emballages de capotes "protector" qui trainent un peu partout. Au réveil, on quitte les lieux pour gagner un autre hotel, avec chambre moins lugubre, et on essaie de soigner des touristas débuttantes (méfiez vous du restau "les delices" !). Journée tranquille dans cette bourgade tranquille, où le beau temps est heureusement revenu... Excellente soirée avec nos amis JeanLuc et Nicole, bien arrosée aux rhums arrangés.
        Le lendemain, on reste sur place, loue des vélos, et on part sur la piste cotière en direction du nord, où on aboutit dans une sorte de grand parc-hotel vide et mort, démesurément grand, avec un arrière-gout de "Shining", tant l'ambiance y est étrange ! Pas un chat, et une impression d'affaire trop ambicieuse qui a foiré. Les employés nous y montrent les quelques animaux en captivité (triste spectacle !!) : lémuriens, tortue, caïmans... Puis on se restaure -Delphes commande du poulet, ce qui nous donne l'opportunité d'une des scènes les plus droles du voyage : un employé court éperdument, un quart d'heure durant, armé d'un grand baton, halletant, après un petit poulet qui semble vouloir vivre encore un peu... Soirée plus calme que la veille, avec les meme gens si sympas. Le lendemain -ce matin, résolus à ne pas attendre mercredi le train suivant, histoire de "gagner une journée", on monte dans un taxi brousse. Satisfaction : en quittant Manakara, on se défait d'un chauffeur de pousse pousse, Gaulex, qui n'a compté que sur nous pour assurer ses revenus pendant ces deux jours, et a été bien pesant... Il avait en outre quelques point communs avec notre guide d'Isalo... J'essaie de ne pas cracher sur ces pauvres diables, on tente de les faire travailler, meme si parfois on préfèrerait marcher. Gaulex nous a expliqué qu'ils louent leur pousse pousse 2000 aryarys par jour (presque 1 euro) alors que la course moyenne rapporte 500 A., que les pousses pousses sont en surnombre, ce qui permet aux propiétaires de s'enrichir en endettant les chauffeurs, tant le chomage technique est visible... Si le chauffeur ne peut pas payer sa journée, le proprio lui prete son dû avec 50% d'interets... Il y a des crapules partout...

    Nous voilà donc revenus à Fianar, après 9 heures de taxi brousse (aie aie les fesses, encore une fois), au milieu de très beaux paysages verts, et constatant douloureusement les vastes effets de la déforestation sauvage qui ronge le pays à vitesse granvée, et qui risque de suivre les courbes de l'accroissement de la population... En gros la liste des problemes est longue à Mada, et semble s'allonger, notamment sur le plan environnemental, ce qui ne tardera évidemment pas àa se répercuter sur le reste du vivant, y compris les humains qui comme ailleurs se comportent de plus en plus irresponsablement vis à vis de la nature qui les nourrit... Désolé de terminer sur une note sombre et pessimiste... ça arrive souvent ici !

La suite au prochain épisode ! Tout va pour le mieux, on profite de nos 10 derniers jours sur la grande ile...

bisous !
(désolé pour les fautes d'orthographe sans doute nombreuses, et sans doutes quelques maladresses dans le texte, mais je viens de taper cet article très rapidement !!)
Par tomtom - Publié dans : madagastom
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